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Les Himbas, peuple d’un autre temps

Qui n’a pas rêvé un jour de rencontrer les Himbas ? Ethnie intrigante par leurs couleurs, leurs tenues vestimentaires et leurs façon de vivre !

Les Himbas sont des pasteurs semi-nomades qui vivent au nord de la Namibie, principalement dans la région de Kaokoland, ce qui signifie “terre lointaine”, et ce depuis l’arrivée des colonies allemandes et hollandaises. Malgré le fait qu’ils aient été contraints de se réfugier sur cette terre aride, les Himbas ont toujours perpétué leurs traditions ancestrales.

Les ancêtres des himbas sont issus de la tribu Héréros, toujours présente en Namibie mais ayant fait le choix de la vie moderne suite à l’évangélisation forcée des colonisateurs européens. Pourchassés et dépouillés de leur principale richesse, leurs troupeaux, ils n’eurent guère de choix que de devenir des chasseurs cueilleurs, un véritable déshonneur pour ce peuple si fier de son mode de vie et en constante communion avec la nature. C’est à cette époque que les plus courageux d’entre eux, fidèles à leurs traditions, prirent le nom de Himba qui signifie “mendiants”. Malgré toutes ces épreuves, ces derniers ont toujours réussi à reconstituer les troupeaux qui les caractérisent et qui font d’eux des éleveurs dévoués à leur bétail.

Si les Héréros sont aujourd’hui vêtus et ont abandonnés le mode de vie nomade, les Himbas quant à eux privilégient la quasi nudité. Un simple pagne en peau de chèvre recouvre les sexes des adultes, mais les poitrines sont laissés libres à la vue de tous. Les Himbas sont animistes et vénèrent particulièrement leurs vaches : il n’y a rien de plus honorable pour une femme Himba que de se parer dans le but de ressembler à une vache rousse, reconnues pour être les plus robustes et les plus fertiles.

Bien que certains hommes aient fait le choix de porter des vêtements tout en perpétuant leur mode de vie traditionnel, les femmes tiennent particulièrement à respecter ce que leurs mères leur ont légué. Ce sont elles les propriétaires des troupeaux de vaches et de chèvres, qui sont transmis de mère en fille. La tradition veut également qu’elles lèguent un coquillage blanc en guise de parure, symbole important de la fécondité.

Les femmes sont très coquettes et passent plus de trois heures chaque jour à se préparer. Bien qu’elles n’aient aucun problème avec la nudité, elles restent pudiques et prennent soin de ne jamais dévoiler leurs chevilles : la partie du corps la plus intime chez les Himbas, qu’elles cachent à l’aide de bijoux. Les femmes les plus aisées peuvent supporter jusqu’à 25 kilos d’ornement tels des bracelets, des colliers ou des couvre-chefs.

Les femmes Himbas n’ont pas le droit d’entrer au contact de l’eau tout au long de leur existence. Si cela peut nous paraître impensable, il faut savoir que l’hygiène est un aspect très important des rituels quotidiens auxquels s’adonnent les femmes. Tout leur corps est enduit d’une poudre d’ocre, un mélange d’hématite et de graisse animale qui les protégera du soleil, de la sécheresse ou encore du froid. Elles prennent également soin d’utiliser des écorces parfumées et s’en servent en fumigation afin d’assurer leur propreté intime. Les cheveux sont également enduits d’ocre dès l’âge adulte. Les jeunes filles arborent des tresses coiffées vers l’avant de visage, tandis que les jeunes épouses vont fièrement arborer leurs nattes rouges peignées en arrière.

Les hommes quant à eux, attendent le passage à l’âge adulte représenté par la circoncision au cours de leur adolescence, pour se coiffer d’une grande tresse au sommet du crâne.

Dès lors, ils sont responsables du bien-être des troupeaux et les emmènent paître ou s’abreuver, tandis que les femmes restent au village pour s’occuper des enfants, de la nourriture ou des tâches domestiques.

Les Himbas se nourrissent principalement de mil, de farine de maïs et de lait, ils ne sacrifient les bêtes que lors des grandes occasions ou pour accueillir un ami venu de loin. La qualité de l’accueil est très importante pour eux, et ils ne reculent devant rien pour faire plaisir à leur invité. On verra par exemple, un homme Himba offrir à un étranger ami de “dormir” avec sa femme dans leur lit conjugal, en guise de cadeau de bienvenu. Tous les Himbas sont polygames et peuvent avoir plusieurs épouses. Certaines femmes peuvent également changer de lit si elles le désirent et si leur mari donne leur accord.

Leur culture unique, vieille de 5000 ans, est sans cesse menacée par la progression du monde moderne et du tourisme de masse. Leur avenir est incertain et on ne recense aujourd’hui plus que 10 000 Himbas en Namibie. Certains des enfants qui sont allés à l’école et qui sont donc considérés comme éduqués, choisissent de quitter la tribu pour se sédentariser. Chaque Himba est libre de faire ce choix une fois devenu adulte, mais un retour en arrière est peu envisageable après une telle décision.

Je suis est allé à leur rencontre dans le plus grand respect, en apportant des sacs de farine de maïs pour l’association Kovahiba afin de soutenir une cantine scolaire et d’aider ainsi les enfants de l’école M’Kapika du village Omuhonga.

C’était également l’occasion de partager un instant mémorable pour tous : la projection du film “les Himbas font leur cinémaréalisée par Solenn Bardet. Ces derniers sont passés derrière la caméra afin de témoigner de leur mode de vie selon leur propre point de vue, dans le but de faire cesser les projections que les touristes blancs portent sur leurs coutumes, à savoir une idéalisation de la vie nomade, loin de la réalité difficile de leur quotidien.

Certains Himbas n’avaient pas encore eu l’occasion de visionner leur propre film, réalisé par leur amie Solenn Bardet, une française adoptée par une famille du village 20 ans plus tôt. Ce fut donc une expérience forte en émotion que de se voir ainsi comme acteurs de cinéma, vidéo-projetés sur le mur de l’école M’Kapika. La plupart d’entre eux n’avaient jamais eu l’opportunité de se voir en vidéo.

Quelle joie d’avoir pu partager des instants de vie précieux avec les Himbas, un peuple aux coutumes si différentes, et tellement photogénique ! Pour y aller il m’aura fallu louer un véhicule 4*4 et plusieurs jours de routes de la capitale de la Namibie, jusqu’à la frontière avec l’Angola. Ce projet photographique a pu être possible grâce à mon partenaire PNY qui m’a équipé en cartes mémoire pour mon appareil et qui a subventionné une partie de la logistique de cette action solidaire et photographique

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One Response

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